Je suis Ivoirien et j’aime Trump

Article : Je suis Ivoirien et j’aime Trump
Crédit: © REUTERS - Brian Snyder
9 décembre 2024

Je suis Ivoirien et j’aime Trump

J’avais 24 ans en 2016, quand Donald Trump, le candidat républicain, remportait la présidence des États-Unis face à Hillary Clinton, la candidate démocrate. En 2020, j’avais 28 ans quand il a perdu les élections face à Joe Biden, le candidat démocrate. Aujourd’hui, j’ai 32 ans, et Trump devient le 47ᵉ président des États-Unis d’Amérique. Mon admiration pour Donald Trump demeure. Je sais, vous vous demandez comment un jeune d’Afrique de l’Ouest peut aimer un homme taxé d’être raciste. Paradoxe ?

Les slogans de Trump

S’il y a une chose qui m’a séduit depuis la Côte d’Ivoire chez le candidat Donald Trump, c’est bien ses slogans de campagne « Make America Great Again » en 2016 qui veut dire « Rendre sa grandeur à l’Amérique », « Keep America Great ! » en 2020, et « Make America Great and Glorious Again », qui signifie « rendre sa grandeur et sa gloire à l’Amérique ».

Crédit : Alex Brandon / AP

Comment moi qui ne vote pas et qui ne suis pas Américain, ai-je pu m’identifier dans ces slogans d’un candidat aux élections américaines ?

C’est justement parce que j’aurais aimé avoir un Président qui fait passer l’intérêt de mon pays avant toute chose. Par exemple, un président ivoirien qui dirait « stop » au flux d’étrangers qui traverse chaque jour la frontière ivoirienne. Officiellement, selon le recensement général de la population effectué en 2021, les étrangers représentent 22% de la population ivoirienne. L’absence de politique d’immigration et la porosité des frontières ivoiriennes avec ses voisins du nord et de l’ouest me laissent penser que ce chiffre est en deçà de la réalité.

Je suis pro -Côte d’Ivoire, la Côte d’Ivoire d’abord.

Avec le flux d’étrangers qui débarquent chaque jour, le débat du contrôle de l’immigration se pose aussi chez nous et est de plus en plus présent. Oui, même si je ne demande pas d’ériger un mur entre la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina-Faso et la Guinée, j’apprécierais bien la matérialisation de la frontière entre ces pays et le mien.

Chez Trump, j’ai aussi apprécié la politique protectionniste:  »America First », ou mettre en avant l’intérêt des Américains. Honnêtement, je pense qu’on a besoin d’un président qui saura copier Trump. Après tout, pourquoi ne pas copier ce qui est bon?

Que gagne l’Afrique avec Trump?

A mon avis, l’Afrique ne devrait rien attendre de Trump. Il est le président des États-Unis et son slogan  »America First » le dit bien:  »L’Amérique d’abord ». Je ne m’attends pas à ce qu’il s’ingère dans les affaires intérieures des pays africains. Je ne me souviens pas que, pendant son mandat de 2016, il ait posé des actions dans ce sens, et il ne devrait pas changer de cap. En clair, avec lui à la Maison blanche, l’Afrique devrait gagner en indépendance et en souveraineté.

Crédit : Matt Rourke / AP

La résilience de Trump

Le retour de Trump à la tête de l’Etat est tout un enseignement pour moi. C’est un catalyseur. Être président, puis perdre les élections pour un deuxième mandat, repartir dans l’opposition, apprendre de ses erreurs, se lancer, échapper de justesse à la prison après un harcèlement judiciaire, échapper par deux reprises à des tentatives d’assassinat, puis remonter la pente pour redevenir président des États-Unis… tout cela me semble une démonstration de résilience incomparable. Que Trump soit taxé de raciste m’importe peu, et je ne suis d’ailleurs pas totalement d’accord avec cette affirmation. Les dernières élections de 2024 ont démontré que c’est une accusation sans fondement. Trump a obtenu une partie du vote de l’électorat noir américain, et dans son staff, il y avait des Noirs qui ont battu campagne à ses côtés. En tout, je pense que Trump fait l’unanimité aux États-Unis.

Moi, l’Américain

Le 47ᵉ Président des États-Unis me donne l’envie de devenir Américain. C’est vrai que j’aimais les États-Unis sans vouloir y vivre. Aujourd’hui, ce pays m’apparaît comme « le pays de tous les possibles », où il suffit d’être résilient, d’avoir des convictions et d’aimer son pays pour accomplir de grandes choses. Trump est président certes, mais Trump est aussi coach en développement personnel pour moi et pour beaucoup d’autres Africains sur le continent.

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