Bazié et la rupture du jeûne

Pour  le mois de jeûne de cette année, notre héros Bazié avait décidé de poser ses valises chez  son cousin Ali. Ce dernier   avait un  atelier de menuisierie dans la périphérie de  Abobo gare1. Le séjour chez son cousin se déroulait bien jusqu’au jour  où quelque chose de terrible arrive…

 

On se souvient que l’année dernière Bazié avait posé les valises chez son  Oncle Bamoudjê  à Bouaké et que les choses s’étaient mal passées. Pour  ces raisons  notre héros ne pouvait  donc  pas se rendre chez  son Oncle. C’est la destination Abidjan précisément chez Ali son cousin  qui s’imposait à notre héros national2 Bazié.  Ali avait des traits de ressemblances avec son cousin  Bazié et ce n’était pas le seul point. Ils aimaient tous les deux manger et faire la vie de Louga3. Bazié allait donc passé un séjour et surtout un bon mois de jeûne.                                                       Le mois de ramadan  dans la maisonnée Ali était un mois d’abondance où victuailles de toutes sortes se chamaillaient la natte sur laquelle Ali et les siens mangeaient à 4 heures du matin. On aurait dit que Ali utilisait toutes ses  économies de menuisier  pour  le mois de jeûne tant sa table était aussi riche que celle d’un roi.  Et comme Bazié étaient arrivé chez lui  Ali  voulait  lui faire  plaisir.  Il demanda à son épouse Safi de faire une cuisine  spéciale durant tout  séjour  de  son invité spécial c’est-à-dire durant tout le mois de jeûne. Jusque  là tout se passait bien et Bazié se comportait comme un invité modèle.

Bouillie de riz au lait – Image google-

Les cinq premiers jours  du mois de jeûne, le temps était clément. Il n’y avait pas de soleil comme les autres années. Il pleuvait toutes les nuits et souvent toute la journée. Bazié était plus qu’enchanté  parce que à cette allure, il n’allait pas sentir le temps passé mais cela ne dura pas. Le sixième jour le soleil était à son firmament, le soleil se vengeait de la pluie en pointant ses aiguilles dans le ventre des fidèles musulmans qui vivaient enfin la souffrance lié au jeûne. Bazié ne fut pas épargné. Ce jour là il guetta l’heure de  la rupture du jeûne.  Quand 18h 30 arriva, Bazié prit un grand verre d’eau tiède qu’il tira d’un coup puis ce fut le défilé des mets sur la grande natte  étendu au milieu de la cour.

Safi faisait vint d’abord avec du tamaro puis du Bissap et du Gnamakoudji. Elle renchérit avec de la bouillie de mil au gingembre et de la bouillie de riz accompagné de lait caillé. Bazié se goinfrait de tous  ces mets sans réfléchir.  Il mangea un peu de tamaro, bu du bissap et un peu de Gnamakoudji sans oublier la bouillie de riz au lait caillé. Bazié se gava  comme il se doit. Le lendemain à 4h  du matin, il en fit de même pour selon lui résister  pendant la journée : Igname bouillit, riz au gras, riz sauce arachide,  bouillie de mil à la poudre de baobab  tout y passa.

bouillie de mil-Image google-

En milieu de journée Bazié décida d’aller faire des courses dans la commune d’Adjamé, le centre commercial à ciel ouvert de la ville d’Abidjan. Il monta dans un gbaka4, le trajet se déroulait bien jusqu’ à quelques mètres de Adjamé Liberté lorsque le ventre de Bazié émit un son semblable à celui d’un chiot qui miaule. Son voisin lui demanda si ça allait, il dit oui de la tête. Le gbaka s’immobilisa à cause d’un embouteillage et Bazié ressentait un fort besoin de laisser du vent mais à cette étape il risquait de déféquer au lieu de péter. Bazié ne pouvait plus attendre, il descend court  droit devant lui. Son ventre gargouille de nouveau.  Il cherchait des toilettes publiques mais il n’y en avait pas à proximité. A présent Bazié ne pouvait plus courir. Son visage était rempli de sueur et il souffrait à vue d’œil. Bazié  désespéré  cherchait un endroit, un talus pour faire ça mais à Adjamé il n’y avait que des boutiques et des magasins.  Bazié repéra un grand caniveau dans lequel il pouvait se cacher pour  faire ça mais il ne pouvait se cacher du regard des curieux. A cet instant précis il pensa au conseil du sage du village qui disait que ‘’ la petite honte est grande que la plus grande honte’’.      Il se soulagea en se promettant de faire désormais attention à ce qu’il va mettre dans son ventre.

 

1-Abobo gare:  Un quartier de la Commune d’Abobo qui se trouve au nord de la ville d’Abidjan (Côte d’Ivoire)

2-Bazié héros national:  Bazié est notre héros national parce que dans nos précédents récits Bazié avait Battu et libérer la commune de Yopougon (Abidjan) des jeunes délinquants appélés microbes.

3-La vie de Louga: Cette expression est inspiré de la vie de ce célèbre artiste Ivoirien du nom de François Louga qui a méné une vie de roi.

4-Gbaka: Véhicule de transport en commun  qui relie toutes les communes d’Abidjan.

 

 

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Jean Paul Soro
je suis né le 01 Janvier 1992 à Dikodougou. Ma mère est ménagère et mon père instituteur. Très tôt , il m'inculque l'amour des lettres à travers la lecture. Au secondaire ,je fais une serie A2 dédiée à la litterature. Après l'obtention du BAC A2, je passe le concours d'entrée à l'ISTC (Institut des Sciences et Techniques de la Communication) à Abidjan. En 2015, j'optiens une licence professionnelle en production audiovisuelle avec la spécialité, réalisation télé.
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