Bazie et le mouton de Tabaski

Voilà un bon moment que la fête de la Tabaski est passé, les plats de riz et les gigots de mouton font désormais partis des bons souvenirs sauf pour une famille. La famille des Bazié n’avait pas encore fini avec la Tabaski pour une simple raison…
Après l’achat de son mouton chèrement acquis Bazié avait fait une entrée triomphale avec son gros bélier dans son quartier. Tout le monde félicitait Bazié pour son courage  »Ah Bazié, tu as fait un bon choix ». Le bélier qui refusait d’avancer sans doute flatté par tous ces compliments se mit à marcher au devant de son nouveau maître comme pour lui voler la vedette. Bazié était fière d’avoir vidé ses caisses pour acheter ce beau bélier.

Durant la veille de la fête de Tabaski, Bazié ne ferma pas l’oeil de la nuit. Il ne voulait pas qu’on vole son mouton. Le matin il fait sortir son bélier de l’enclos improvisé et lui une toilette afin qu’il soit propre. Bazié se rendit à la prière comme tous les autres musulmans. Notre héros national priait avec bon coeur mais son esprit était debout près du Bélier. Sur le chemin du retour Bazié ne parlait que de son bélier , il parlait des morceaux qu’il allait savourer. Bamoudjè son cousin qui marchait avec lui dit  » Grand-frère il faut qu’on donne un peu de viande aux voisins aussi » . Bazié adressa un regard très méchant à Bamoudjè.

Bazié égorgea le bélier , dépeça et coupa la viande. Pour la nombreuse famille de Bazié c’était la fête mais notre homme avait un autre plan. On vit Bazié prendre la viande et étaler sur gros grillage puis il attisa le le bois pour fumer . Il prit la tête du bélier et les pattes ainsi que les intestins qu’il donna aux membres de la famille et ajoute  »C’est ce qu’on va manger pour la fête. Matou son épouse manifesta son mécontentement mais Bazié n’en faisait qu »à sa tête.  La famille se régala avec les boyaux, tête  et pattes du bélier .

Après la fête Bazié mit en place un plan solitaire pour manger son bélier. Il estimait qu’il avait vidé toutes ses économies et qu’il était juste de déguster la viande de cette bête chèrement acquise tout seul. Ainsi chaque nuit quand tout le monde dormait Bazié sortait en catimini prenait un morceau bien fumé sur le grillage et s’installait dans l’arrière-cour.

Gigot de mouton

Là-bas il assaisonnait son morceau de viande avec du piment frais , du sel , de l’aromate et le tout accompagné d’Attiéké (un met ivoirien produit à partir du manioc).

Un plat d’Attiéké

Cela continuait et Matou et les autres membres s’était rendu compte du jeu Bazié. A l’unanimité ils décidèrent de lui donner une bonne petite leçon. Ce jour-là , Matou alla de bonne heure au marché acheter une poudre qui met le feu au ventre. Elle en trouva de bonne qualité. Matou riait déjà en imaginant Bazié faire les nombreux tours aux toilettes. Elle aspergea les derniers morceaux qui restaient sur le grillage. La nuit tomba sur la maison.

Pendant la nuit, Bazié se réveilla comme à son habitude et fit la cuisine. Il mangea les derniers morceau et rota comme d’habitude puis s’en alla dormir. Toute la nuit Bazié avait fait déjà plus de 20 tours aux toilettes . Au petit matin, il monopolisa les toilettes on aurait dit qu’il avait une colique. Toute la maisonnée le regarda faire son ballet. En fin de soirée , on commença à s’inquiéter car Bazié qui était bien gros ressemblait à un somalien. On l’amena à l’hôpital pour des soins. Fort heureusement notre héros ne fit qu’un mois à l’hôpital au bonheur de tous ses lecteurs.

Bazie et le mouton de Tabaski

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Jean Paul Soro
je suis né le 01 Janvier 1992 à Dikodougou. Ma mère est ménagère et mon père instituteur. Très tôt , il m'inculque l'amour des lettres à travers la lecture. Au secondaire ,je fais une serie A2 dédiée à la litterature. Après l'obtention du BAC A2, je passe le concours d'entrée à l'ISTC (Institut des Sciences et Techniques de la Communication) à Abidjan. En 2015, j'optiens une licence professionnelle en production audiovisuelle avec la spécialité, réalisation télé.
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