CAN 2017 : Bazié, supporter mazo

C’est la CAN, à côté des équipes qui évoluent sur les pelouses, il y a ceux qui font le brouhaha dans les stades pendant les matchs de football. Il s’agit des supporters. Ces personnes qui soutiennent corps et âmes les équipes par des chants et souvent même financièrement. Nous, nous avons notre super héros Bazié qui ne fait rien comme tout le monde. Pour lui, supporter son équipe devient un challenge…

 

Bazié veut devenir supporter

Il y a bien longtemps que Bazié s’interroge sur le moyen de devenir supporter d’une équipe de football. Quand il suit les matchs à la télé, Bazié ne regarde pas les joueurs. Non. Il s’intéresse à ces personnes qui gesticulent dans les gradins. Il aime surtout ceux qui soufflent dans les vuvuzela. Pendant 90 minutes, Bazié ne rate aucun mouvement de caméra montrant des supporters. Il s’écrit  » hééé regardez le monsieur là , il a peint son visage aux couleurs de son pays  ». Les personnes qui suivent les matchs de Football avec Bazié ne peuvent s’empêcher de jurer  » Franchement Bazié. Tout le monde regarde les joueurs , toi c’est les supporter que tu regardes ».
Bazié a appris par son cousin Bamory, un supporter infatigable de l’équipe nationale de la Côte d’Ivoire que le supporter à le pouvoir de faire gagner son équipe par ses chants. Et ça, notre héros national voulait le faire. Le cousin Bamory lui avait dit aussi qu’il y avait deux types de supporter : les supporters « normaux » et les supporters « mazo ». Les supporters normaux supportent normalement leurs équipes et chantent en cas de victoire et pleurent en cas de défaite. Les supporters mazo font pratiquement la même chose mais avec une goutte d’exagération. Un supporter mazo est capable de mimer un suicide en cas de défaite de son équipe.

 

 

Bazié , le supporter mazo

Pour commencer son travail de supporter inconditionnel, Bazié avait choisi de supporter une équipe de Football et son choix s’était donc porté sur la sélection ivoirienne détentrice du titre. Bazié savait que les couleurs de la Côte d’Ivoire sont Orange-Blanc et Vert. A cet effet , Bazié ne faisait rien qui ne fasse allusion à son équipe. Il buvait des oranges, mangeait de l’avocat , il ne manquait jamais de boire du lait. Il déjeunait à midi avec des plats aux couleurs de son équipe  »Les Éléphants de Côte d’Ivoire ».

Riz maquillé avec des sauces de différentes couleurs

 

Les Éléphants, l’équipe favorite de Bazié devait jouer ce jour là. On disait dans tous les médias que ce match contre l’équipe du Maroc serait difficile pour les pachydermes mais Bazié avait une intuition, son sixième sens lui disait que les Éléphants allaient relever le challenge par une victoire éclatante et inoubliable. Pour se donner foi, Bazié en tant que supporter mazo alla chercher de la peinture et s’enduit le corps aux couleurs de son équipe. Et se mit à prendre des postures étranges, de quoi amuser le monde autour de lui. Les badauds disaient en le voyant  »Bazié le mannequin des Éléphants ». Bazié était très fier de lui même.

A la fin du match , les Éléphants n’avaient pas réussi à relever le défi de gagner, et pire encore, ils quittaient la compétition des Nations Africaines de Football. Bazié pensait qu’il avait le mental d’un supporter mazo mais la défaite des Éléphants lui fit comprendre qu’il n’était pas prêt. Sur le chemin de son domicile, les gens le désignaient du doigt. Certains lui lançaient des quolibets  »Hé la mascotte, ton équipe reviens quand au pays?  » Bazié sentait une colère contre son équipe monter jusque dans la gorge mais il se répétait  »ça ne fait rien  » pour se calmer.
Ouf ! C’est avec soulagement que Bazié regagna son domicile. Tout de suite, il voulu se débarrasser des couleurs de son pays. Il pris de l’eau et entra dans sa douche. Il mit du savon sur son éponge et frotta, frotta et frotta mais la peinture ne partait pas.« Aie ! Pourquoi ça ne me quitte pas ? » Intrigué, Bazié convoqua son cousin Bamory. Le cousin Bamory ne put s’empêcher de rire. Après avoir ri comme il le faut, le cousin Bamory vérifia et constata que Bazié avait appliqué de la peinture à huile sur son corps. Il fit comprendre à Bazié que ce ne serait pas facile d’enlever ces couleurs de son corps séance tenante.Cela prendrait quelques jours. Il fallait une éponge en aluminium pour atténuer la peinture sur son corps.
Après cette aventure rocambolesque, Bazié quitta définitivement le rang des supporters mazo.

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JEAN-PAUL SORO
je suis né le 01 Janvier 1992 à Dikodougou. Ma mère est ménagère et mon père instituteur. Très tôt , il m'inculque l'amour des lettres à travers la lecture. Au secondaire ,je fais une serie A2 dédiée à la litterature. Après l'obtention du BAC A2, je passe le concours d'entrée à l'ISTC (Institut des Sciences et Techniques de la Communication) à Abidjan. En 2015, j'optiens une licence professionnelle en production audiovisuelle avec la spécialité, réalisation télé.

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